Quand j’étais petit, je rêvais comme tous les enfants …  
 “ Mais ... Bonhomme, faut être sérieux, faut gagner vie ! …”

Alors j’ai gagné ma vie comme tout le monde.
C’est bien le plus important, n’est ce pas ?
Il faut d’abord manger, se vêtir …
Pourtant jamais, je n’ai pu, pour un peu plus d’argent ou un peu de pouvoir, étouffer toutes les aspirations,toutes les poussés de sève, qui m’ont réveillé  parfois et chuchoter :   “ Que fais-tu de ta vie, quel sens a ta vie, à quoi ça sert tout ce que tu fais ? ”
On a vite fait de taire ce murmure et de s’agiter pour de nécessaires nécessités.
Si …
on  écoutait vraiment ce qui parfois se murmure en nous-même,
et si … en écoutant encore, on avait envie de le prendre au sérieux, au risque de  bouleverser toute notre organisation,
et si … en plus de l'écouter on en prenait soin …
et si … à force d’en prendre soin, comme de petites graines  mises  en  terre, ça  ne  devenait  peut-être  pas  si impossible à réaliser …
et si un jour… après des années peut-être, on allait se jeter dans l’inconnu et tenter de réaliser pour de vrai ce qui se rêve en nous-même.
Pour  certains,  ce sera  un  petit  saut  dans  le neuf, pour d’autres une aventure sans retour au risque de tout perdre.
 
A chacun sa mesure, qu’importe le pas et le temps,
l  ’essentiel est le bonheur qui ne s’engrange pas.
La vie … comme le vent,
enfermée  dans  les  enclos  de  nos  peurs, souçis,
accaparements, vivote ou meurt ...
réveillée par un sourire, une musique, un projet qui donne sens s’envole et vibre.   

                                             R . COUDRAY